Ø
Avant 1789
Il n’existe aucune
démarche juridique dans les premiers siècles de la France naissante et de la
mosaïque de Duché, de Comtés indépendants du territoire de la France actuelle.
L’usage voulait que
les personnes décédées soient inhumées gratuitement par la communauté dans
lesquelles elles vivaient.
Depuis le début de
l’ère chrétienne, le soin d’inhumer les morts revenait à des personnes
dénommées « FOSSORE »
(fossoyeur).
Après avoir
éloignés les vivants des morts à l’époque romaine, les sépultures s’étaient
regroupées alors que rien ne l’imposait, par instinct grégaire des survivants
acquis au christianisme. les tombes isolées n’étaient pas bannies, elles
pouvaient révéler que le mort était rejeté du groupe (décès dû à des maladies contagieuses...).
C’est au début de
la création des paroisses, après celle des diocèses, que les habitudes furent
prises de regrouper les tombes autours des églises. Avant l’époque
carolingienne, l’église devenant de plus en plus influente, s’impose
suffisamment aux laïcs pour contrôler les opérations funéraires par le biais
des fabriques. C’est a partir de ce moment là que les croyants eurent droit
d’être inhumés en terre d’église, les autres étaient exclus. Les cimetières
devinrent propriété des fabriques ; La fosse commune devait être gratuite
Ø
1789 -1804
Au XVIII siècle ,
les cimetières tel que celui de Paris étaient tellement plein que les
corps étaient entassés pêle-mêle et soulevaient le peu de terre qui les
recouvrait.
En 1789 on fit
garder les lieux de sépultures par des chiens dressés, pour écarter les chiens
errants, ce qui provoqua la réaction du peuple.
Le décret du 13
brumaire de l’an II incorpora les cimetières au domaine national avec pour
effet d’exproprier les fabriques. Mais par manque de moyens la mesure
n’entraîna pas d’effets. Finalement la propriété des cimetières fût transférée
de la Nation aux communes par les décrets du 4 novembre 1789 et du 5 novembre
1790 ce qui permit aux communes de récupérer l’entretien des cimetières (notamment
PARIS).
DECRET DU 23 PRAIRIAL AN XII (12 juin 1804 )
Le 23 Prairial de
l’an XII, Napoléon 1er fixe par décret les questions funéraires et
l’organisation des cimetières. C’est le
fondement du droit actuel,
première mesure légale. Pour faire disparaître les griefs apparus sous la
royauté, les cimetières nouveaux étaient éloignés des habitations.
- Les
inhumations étaient interdites à l’intérieur des villes, des bourgs, des
édifices religieux. C’était la fin des cimetières autour des églises.
- Chaque
inhumation aurait lieu dans une fosse séparée assez profonde et remplie de
terre bien foulée et distante des unes des autres et que l’on ne devait pas
ouvrir avant 5 ans. C’était la fin des fosses communes, des tranchées : on
parlait désormais du terrain commun.
- Les règles étaient fixées pour fermer les
cimetières devenus inutilisables du fait du décret,
- La
délivrance de concessions était réglementée,
- L’inhumation sur la propriété du défunt était
permise sous conditions (peu contraignantes),
- La police des lieux d’inhumation est confiée
aux autorités municipales.
L’article 15,
notamment impose aux communes de partager le cimetière par des murs, des
fossés, des haies vives, en autant de parties qu’il y a de cultes différents
avec une entrée particulière pour chacune.
Pour les autres
cultes non prévus et les personnes sans religion, pour éviter tout litige, ils
devaient être gérés localement.
Ø
1804 à 1884
Le décret du 7 mars
1808 instaure les servitudes pour les constructions voisines du
cimetière(maisons, puits...), l’ordonnance du 6 décembre 1843 réglemente les
concessions et crée 3 classes : PERPETUELLE, TRENTENAIRE , TEMPORAIRE
(15 ans).
La surface de
chaque emplacement ne peut être inférieure à 2 m2.
Le prix des
concessions sera attribué pour les 2/3 à la commune, 1/3 aux pauvres.
La loi du 14 novembre 1881 abroge
l’article 15 du décret du 23 prairial de
l’an XII en interdisant les carrés confessionnels, afin de faire cesser les
conflits de personnes, de confessions et de régler les problèmes des
dissidents, suicidés, ou des enfants morts sans avoir été baptisés.
Ø
1884 à nos jours
La loi de séparation de l’Eglise
et de l’Etat du 9 décembre 1905, interdit par son article 28 tout emblème
religieux dans un emplacement public, sauf dans les terrains de sépulture, les
cimetières et monuments funéraires.
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